Milli mála - 01.01.2010, Blaðsíða 37
de futur des historiens alors que dans les nombreux dialogues de La
Valse aux adieux le futur est le plus souvent descriptif.9
Des caractéristiques communes aux exemples traduits par une
même forme islandaise ont été systématiquement recherchées. La
principale caractéristique des exemples où le futur simple est tra-
duit avec une forme modale est que certains éléments de l’action,
le plus souvent le cadre temporel mais aussi parfois l’objet direct,
sont indéterminés et ne possèdent pas de référence dans le contexte
immédiat.
1. «il dit qu’il sait déjà que lui je le tromperai et aussi que je
tromperai tous les hommes avec qui je serai.» (L’Amant10, 54)
«hann segist vita nú þegar að ég muni verða honum ótrú
eins og ég verði ótrú hverjum þeim manni sem ég eigi eftir
að binda trúss mitt við.» (Elskhuginn11, 48–49)
Le lecteur n’a aucune difficulté à trouver les références
pour les pronoms personnels: «Il» et «lui» se réfèrent à
l’amant de Marguerite Duras et «je» fait référence à
Marguerite Duras adolescente, personnage principal du
roman. Par contre aucun mot dans la phrase n’indique de cir-
constance temporelle pour l’action de «tromperai» et de
«serai». Plusieurs phrases précédentes du même passage,
telles «Je (= Marguerite Duras) lui (= son amant) dis de
venir, qu’il doit recommencer à me prendre. Il vient... », «Je
(= id.) lui (= id.) dis ce désir de lui» suggèrent l’image d’une
relation sexuelle imminente entre les deux personnages.
L’action de «tromper» n’a donc pas sa place dans ce con texte
et le lecteur est obligé de lui attribuer un cadre temporel
extérieur au moment de l’énoncé. aucun indice ne permet
de déterminer ce cadre d’une quelconque manière.
2. «Elle fera finalement ce que sa mère voudra.» (L’Amant, 90)
«Hún mun á endanum gera eins og móðir hennar vill.»
(Elskhuginn, 83)
FrançOIS HEEnEn
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9 Pour les définitions des termes «futur des historiens» et «usage descriptif» v. andrea rocci,
L’interprétation épistémique du futur en italien et en français: Une analyse procédurale. In:
Cahiers de Linguistique Française 22: 219–239, 2000, p. 251.
10 Marguerite Duras, L’Amant, Paris: Les Editions de Minuit, 1984.
11 Marguerite Duras, Elskhuginn, traduit par Hallfríður Jakobsdóttir, reykjavík: Iðunn, 1986.
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